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Après avoir vu les avantages de planifier son alimentation et les types d’aliments à privilégier en expédition, une question revient souvent : quelle approche adopter pour structurer concrètement ses repas sur plusieurs jours ? Faut-il préparer des repas complets déjà assemblés ? Transporter des composantes séparées pour garder de la flexibilité ? Utiliser la congélation pour simplifier la logistique des premières journées ? Il n’y a pas de réponse unique. Comme souvent en plein air, la stratégie dépend du contexte. Mais surtout, elle dépend du type d’expérience que l’on souhaite vivre.

Les repas complets : choisir la simplicité

Les repas complets, peu importe leurs formats, offrent une grande tranquillité d’esprit. Tout est déjà réfléchi, donc cette approche devient particulièrement précieuse le soir, quand la journée a été composé de plusieurs heures sur l’eau et encore plus si la météo a fait des siennes. Un repas qui demande peu de manipulation permet de s’installer rapidement, de se réchauffer et de récupérer sans complexifier la fin de journée.

Préparer, portionner et emballer sous vide facilite grandement la gestion des repas. La limite de cette stratégie est la flexibilité. Lorsque tout est déjà assemblé, il est plus difficile d’ajuster les portions ou de modifier l’équilibre en fonction de la faim réelle ou des conditions rencontrées.

Les composantes à assembler

À l’inverse, structurer ses repas en composantes séparées offre une grande liberté.  Transporter une base de glucides, une source de protéines, des légumes déshydratés et des assaisonnements permet d’ajuster les quantités et les combinaisons selon le besoin du moment. Une journée plus exigeante peut justifier une portion plus généreuse. Une journée plus courte permet d’alléger.

Cette approche demande un peu plus d’organisation, mais elle devient intéressante lors d’expéditions de plusieurs jours ou en groupe, où les appétits varient. Elle permet également de varier les repas sans augmenter significativement le volume transporté. On ne parle pas ici de nécessairement complexifier le menu, mais d’accepter que la réalité du terrain évolue. L’alimentation peut suivre ce mouvement.

Combien prévoir, sans tomber dans l’excès

Les besoins énergétiques varient selon l’intensité de l’effort, la durée, l’âge des participants et la température. En contexte de plein air soutenu, il n’est pas rare d’atteindre autour de 3000 calories par jour, parfois davantage.

Plutôt que de chercher la précision absolue, il est plus réaliste de prévoir une marge raisonnable, généralement entre 10 et 20 %. Cette réserve permet d’absorber une journée plus longue que prévu, un détour imprévu ou un effort plus soutenu.

Planifier les quantités, c’est éviter le manque, mais aussi éviter le poids et l’espace inutile.

Structurer la journée

Quelle que soit la stratégie choisie, la répartition des repas influence fortement l’expérience. Le déjeuner doit offrir une base stable et soutenante, sans complexité inutile. Le dîner gagne à être simple et efficace, parfois préparé dans un thermos pour éviter de cuisiner à midi. Le souper, lui, mérite d’être pensé pour réduire le temps de préparation ou, au contraire, de prendre tout son temps. Structurer son alimentation, c’est aussi reconnaître les particularités du parcours choisi. Un grand plan d’eau exposé au vent ne demande pas la même énergie qu’une rivière plus abritée. Même chose pour les portages, les longues traversées ou l’isolement qui influencent aussi le temps et l’énergie disponible pour confectionner un repas.

Garder une place pour le plaisir

Toute cette réflexion vise à alléger l’expérience, non à la rigidifier. Lorsque la planification est bien faite, elle crée de l’espace. Une arrivée plus tôt au campement, une météo clémente, une journée qui se déroule mieux que prévu peuvent devenir l’occasion d’un moment plus festif : une bannique partagée, des pommes sucrées sautées, un dessert spécial à faire sur feu… Des moments culinaires privilégiés prévu à l’avance suffisent parfois à transformer un repas en souvenir.

Au final, il n’existe pas une stratégie unique. Les repas complets rassurent et simplifient.
Les composantes offrent de la flexibilité et des choix festifs. Le sous vide simplifie le transport et la gestion de l’inventaire, la congélation facilite le départ. Bref, la meilleure approche est souvent une combinaison réfléchie, adaptée à la durée, au groupe et au parcours. En expédition comme partout, un bon repas c’est une façon de prendre soin du rythme, de l’énergie et du plaisir du groupe.

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Les articles suivants aborderont de façon concrète le choix des aliments, les stratégies de préparation et la planification des repas sur plusieurs jours.

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