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Pour plusieurs personnes, les plus beaux souvenirs de plein air se vivent en compagnie de leur chien. Qu’il s’agisse d’une courte sortie sur un lac, d’une journée à explorer une rivière tranquille ou d’une expédition de quelques jours en canot-camping, partager ces moments avec son compagnon à quatre pattes peut rendre l’expérience encore plus mémorable.

entre réseaux sociaux et réalité

Les images de chiens installés à l’avant d’un canot ou confortablement couchés sur une planche à pagaie abondent sur les réseaux sociaux. Elles donnent parfois l’impression qu’il suffit d’embarquer son chien et de partir pagayer. La réalité est toutefois un peu plus nuancée.

Comme pour toute activité de plein air, une sortie réussie repose sur une bonne préparation. Le choix de l’embarcation, du parcours, des conditions et même du moment de la saison influence directement le confort et la sécurité du chien, mais aussi ceux du pagayeur.

La bonne nouvelle? Avec un peu de préparation et des attentes réalistes, la plupart des chiens peuvent devenir d’excellents compagnons d’aventure sur l’eau.

Votre chien est-il prêt pour une sortie sur l'eau?

Avant même de réfléchir au type d’embarcation ou au parcours à choisir, il est utile de se poser une question simple : mon chien est-il réellement à l’aise dans ce type d’environnement?

Aimer l’eau n’est pas nécessairement un prérequis. Plusieurs chiens apprécient les sorties en canot, en kayak ou en planche à pagaie sans avoir le moindre intérêt pour la baignade. À l’inverse, un chien qui adore se jeter à l’eau à la moindre occasion pourrait avoir plus de difficulté à demeurer calme dans une embarcation.

Une première sortie devrait idéalement se faire avec un chien capable de rester en place pendant de courtes périodes, qui répond aux commandes de base et qui demeure relativement calme lorsqu’il est exposé à de nouveaux environnements.

Les mouvements de pagaie, les reflets sur l’eau, les oiseaux, les embarcations qui passent à proximité ou encore les vagues créées par le vent peuvent représenter de nombreuses nouvelles stimulations. Certains chiens s’y adaptent rapidement, tandis que d’autres ont besoin de temps pour développer leur confiance.

Il n’est pas nécessaire de viser la perfection. L’objectif est simplement de s’assurer que l’expérience sera agréable et sécuritaire pour tous.

Choisir la bonne embarcation

Chaque type d’embarcation présente ses avantages et ses limites lorsqu’on pagaye avec un chien. Le meilleur choix dépend autant du tempérament du chien que du type de sortie envisagé.

Le canot

L’option la plus polyvalente

Pour de nombreux pagayeurs, le canot demeure l’embarcation la plus adaptée aux sorties avec un chien.

Son principal avantage est l’espace disponible. Le chien peut s’y coucher confortablement, changer de position au besoin.

Cette configuration est particulièrement intéressante pour les chiens de taille moyenne ou grande ainsi que pour les sorties de plusieurs heures ou de plusieurs jours.

Le canot facilite également l’embarquement et le débarquement lors des pauses. Il permet souvent d’ajouter un tapis antidérapant ou un coussin afin d’améliorer le confort de l’animal.

Comme le centre de gravité est généralement plus élevé que dans un kayak, les mouvements brusques du chien peuvent toutefois influencer davantage la stabilité de l’embarcation. Une introduction progressive demeure donc importante.

La planche à pagaie

Une option populaire

La planche à pagaie gagne rapidement en popularité auprès des propriétaires de chiens, et pour de bonnes raisons.

L’espace est dégagé, le chien peut voir son environnement et l’embarquement se fait généralement facilement à partir d’une plage ou d’une mise à l’eau peu profonde.

Cette option fonctionne particulièrement bien sur les plans d’eau calmes et pour les sorties de courte durée.

La stabilité demeure toutefois un facteur important. Une planche plus large et plus volumineuse offrira généralement une meilleure expérience lorsqu’un chien est à bord.

Comme les mouvements de l’animal influencent directement l’équilibre de l’ensemble, il est préférable d’habituer progressivement le chien avant d’entreprendre des sorties plus ambitieuses.

Le kayak

Compact et efficace

Le kayak peut très bien convenir à certaines situations, particulièrement avec les petits chiens ou les chiens déjà habitués à l’environnement nautique.

Les kayaks récréatifs ouverts offrent généralement davantage d’espace et permettent au chien de s’installer devant le pagayeur. Certains modèles tandem peuvent également accueillir confortablement un compagnon à quatre pattes.

Les kayaks de mer ou les modèles à cockpit plus fermé offrent quant à eux peu d’espace disponible. Ils sont souvent mieux adaptés aux sorties sans chien ou aux très petits animaux capables de demeurer immobiles pendant de longues périodes.

Avant de partir, il est important de s’assurer que le chien dispose d’un espace sécuritaire et confortable sans nuire aux mouvements du pagayeur.

Canot, kayak ou SUP

Les défis ne sont pas les mêmes

Dans un canot, la stabilité et l’espace disponible facilitent généralement la récupération. Il est souvent possible de rapprocher le chien d’un côté de l’embarcation et de l’aider à remonter en utilisant la poignée de son VFI.

Sur une planche à pagaie, plusieurs chiens sont capables de remonter eux-mêmes lorsqu’ils ont été habitués progressivement à cet exercice. Encore faut-il que les conditions soient calmes et que la planche offre une bonne stabilité.

Dans un kayak, l’opération peut être beaucoup plus complexe, particulièrement avec un chien de taille moyenne ou grande. Certains pagayeurs choisissent alors de se diriger vers la rive la plus proche avant de tenter une remontée.

La meilleure stratégie : pratiquer avant que cela arrive

Si votre chien est à l’aise avec l’eau, il peut être pertinent de pratiquer dans un environnement contrôlé, près d’une plage ou d’un quai, afin de comprendre comment il réagit et de vérifier que vous êtes capable de l’aider à remonter dans votre embarcation.

Choisir le bon parcours

Le choix du parcours est probablement le facteur qui influence le plus la qualité d’une sortie avec un chien.

Pour une première expérience, un lac calme ou une baie protégée constitue souvent l’environnement le plus favorable. L’absence de courant permet de se concentrer sur la gestion de l’embarcation et sur le comportement du chien plutôt que sur les défis du milieu.

Les rivières à faible courant peuvent également offrir de très belles expériences, à condition que les accès et les possibilités d’arrêt soient nombreux.

À mesure que l’expérience se développe, il devient possible d’explorer des environnements plus exposés. Le vent, les vagues, les courants ou l’éloignement des rives augmentent toutefois rapidement le niveau d’engagement de la sortie.

Le même chien qui se montre parfaitement à l’aise sur un petit lac protégé pourrait vivre une expérience beaucoup plus exigeante sur le fleuve Saint-Laurent ou dans un milieu marin exposé.

Prendre le temps d’évaluer honnêtement les conditions et de choisir un parcours adapté demeure l’une des meilleures décisions qu’un pagayeur puisse prendre, autant pour lui que pour son compagnon.

L'équipement essentiel

Comme pour les humains, une bonne partie de la sécurité repose sur une préparation adéquate. Heureusement, il n’est pas nécessaire de multiplier les accessoires. Quelques éléments bien choisis suffisent généralement à rendre les sorties beaucoup plus agréables.

VFI
Même si votre chien est un excellent nageur, un vêtement de flottaison individuel (VFI) demeure fortement recommandé.
EAU
Boire directement dans un lac ou une rivière peut sembler inoffensif, mais certaines bactéries, parasites ou proliférations d'algues peuvent présenter des risques pour la santé. Il est donc préférable de prévoir une quantité d'eau suffisante autant pour vous que pour votre compagnon.
TAPIS
Un tapis antidérapant ou une surface offrant une bonne adhérence améliore souvent considérablement l'expérience du chien. En plus d'augmenter son confort, cela réduit le stress associé aux surfaces glissantes et limite les déplacements inutiles dans l'embarcation.
LAISSE
Ne jamais attacher votre chien à votre embarcation, mais toujours apporter votre laisse et l'avoir à portée de main pour vos déplacements sur terre !
SAC
N'oubliez pas vos sacs à caca, même dans le bois il est important de ramasser les excréments de votre chien et d'en disposer de façon responsable, que ce soit dans une poubelle prévue à cet effet ou en le ramenant avec vous.

Être prêt aux intempéries et aux imprévus

La plupart des sorties se déroulent sans incident. Quelques éléments simples peuvent néanmoins faire une grande différence lorsqu’un imprévu survient.

Une petite trousse de premiers soins peut notamment permettre de gérer :

  • une coupure mineure à un coussinet
  • une égratignure
  • une tique 
  • un hameçon
  • une piqure d’insecte
  • une irritation causée par l’équipement.

Il est également utile de savoir repérer les signes d’un chien en détresse :

  • fatigue inhabituelle
  • tremblements
  • difficulté à se déplacer
  • désorientation
  • respiration anormale
  • vomissements.

La chaleur

Une embarcation exposée au soleil offre peu d’ombre et peu de possibilités pour le chien de se rafraîchir.

Les surfaces peuvent devenir chaudes, le rayonnement solaire est amplifié par la réflexion sur l’eau et plusieurs chiens demeurent immobiles pendant de longues périodes.

Une respiration plus rapide qu’à l’habitude, une fatigue inhabituelle, une recherche constante d’ombre ou un halètement excessif peuvent être des signes qu’il est temps de faire une pause.

Lors des journées chaudes, privilégier les départs tôt le matin, les parcours ombragés et les arrêts fréquents permet souvent d’améliorer considérablement le confort du chien.

L'eau froide

À l’inverse, le printemps et l’automne présentent un autre défi souvent sous-estimé.

Même lorsqu’il fait beau, l’eau peut demeurer très froide pendant plusieurs semaines. Un chien qui tombe à l’eau ou qui reste mouillé pendant une longue période peut rapidement perdre de la chaleur, particulièrement en présence de vent.

Les petites races, les chiens âgés ou ceux ayant peu de sous-poil sont généralement plus sensibles à ces conditions.

Comme pour les humains, les conditions de l’eau méritent autant d’attention que la température de l’air.

Que faire si votre chien tombe à l'eau?

La première chose à savoir est que la majorité des chiens nagent naturellement et chercheront instinctivement à rejoindre une rive ou leur embarcation. Une chute à l’eau n’est donc pas nécessairement une urgence.

La priorité est de conserver le contrôle de son embarcation. Dans la plupart des cas, il est préférable de s’approcher calmement du chien plutôt que de tenter une manœuvre brusque qui pourrait provoquer un second chavirement ou compliquer davantage la situation.

Une fois à proximité, encouragez votre chien à revenir vers vous. Plusieurs chiens chercheront naturellement à s’appuyer sur l’embarcation ou à revenir du côté où ils sont habituellement installés.

Un chien mouillé devient lourd. Très lourd.

Un chien de 25 kg ou 30 kg qui tente simultanément de grimper dans l’embarcation peut facilement déstabiliser un kayak, un canot ou une planche à pagaie. C’est pourquoi un vêtement de flottaison muni d’une poignée dorsale constitue un atout important. Il permet d’aider le chien à reprendre appui ou à être hissé plus facilement.

Prévoir des arrêts, en respect du milieu

Pagayer avec son chien implique également certaines responsabilités envers les milieux naturels que nous fréquentons. Même un chien bien élevé conserve ses instincts.

Un oiseau qui décolle soudainement, un castor qui frappe l’eau ou une famille de canards aperçue près de la rive peuvent rapidement attirer son attention.

Dans certains secteurs, particulièrement au printemps et au début de l’été, plusieurs espèces d’oiseaux nichent directement sur les berges ou sur de petites îles.

Un chien qui débarque librement à ces endroits peut provoquer un stress important pour la faune, parfois sans que son propriétaire ne s’en aperçoive.

Lorsque cela est possible, il est préférable de privilégier les haltes déjà aménagées, de limiter les dérangements et de garder son chien en laisse lors des arrêts.

Après tout, partager les milieux naturels implique aussi de respecter les espèces qui y vivent.

Avant de partir : quelques vérifications simples

Avant chaque sortie, prenez quelques minutes pour vous poser les questions suivantes :

  • Mon chien est-il à l’aise dans cette embarcation?
  • Le parcours est-il adapté à son expérience?
  • Ai-je suffisamment d’eau pour nous deux?
  • Mon chien porte-t-il un VFI adéquat?
  • Les conditions météo sont-elles favorables?
  • Ai-je identifié des endroits où faire des pauses au besoin?
  • Les chiens sont-ils autorisés dans le secteur visité?

Ces quelques vérifications demandent peu de temps, mais contribuent grandement à rendre l’expérience plus agréable et plus sécuritaire.

Pagayer avec son chien peut devenir une façon extraordinaire de découvrir les lacs, les rivières, le fleuve et les milieux marins du Québec. En prenant le temps de choisir une embarcation adaptée, de sélectionner un parcours à votre mesure et de respecter les limites de votre compagnon, vous mettez toutes les chances de votre côté pour créer des souvenirs qui dureront longtemps après la sortie.

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